Le Bassin pétrolier est un ensemble de falaises caractérisé par sa verticalité et ses flaques de pétroles. Quand le Déclin commence, de grandes quantités d’hydrocarbure se mélangent aux sources locales, formant d’épais marais. Ce lieu était autrefois une raffinerie de matériaux pour l’ancienne civilisation. Des traces de ces antiques structures sont visibles partout dans l’environnement et le peuple d’Azuz s’est installé autour de la Forge éternelle. Quand les mécanismes internes de la Forge se déclenchent, la Coulée de feu démarre, saturant l’atmosphère avec ses énormes émissions de gaz et embrasant les profondeurs du Bassin en brûlant le pétrole local. Les marais s’en retrouvent petit à petit purifiés et quand tout a été consommé, la Forge s’arrête, le ciel s’éclaircit et la période d’Abondance démarre.
Si cet environnement dénué de végétation peut paraître hostile, la faune locale s’y est adaptée, de nombreuses espèces appréciant la géothermie locale.
Vie endémique du Bassin
C’est le cas par exemple des gonflézards iridescents et azurs. Ces petits reptiles prolifèrent à tous les étages du Bassin mais sont particulièrement nombreux près des geysers de lave situés dans ses profondeurs. Il est possible de les voir communiquer entre eux en se montrant leurs collerettes. Quand arrive l’Abondance et que les températures redescendent d’un coup, ils s’en retrouvent quelque peu assommés, somnolant alors sur les pierres encore chaudes.
Les chauve-souris à écailles sont aussi de grands appréciatrices de la Coulée de feu mais pour des raisons différentes. En effet, les cheminées au sommet du Bassin diffusent de larges quantités de gaz sombres en consommant le pétrole, obscurcissant les cieux et plongeant le Bassin dans une sorte de nuit temporaire, leur permettant de s’activer hors de leurs horaires habituels. Pendant l’Abondance et le Déclin, elles somnolent dans leur caverne le jour, quittant celle-ci au début de la soirée avant de la réintégrer quand la matinée suivante commence.
Plus en profondeur, vous pourrez aussi observer les crevettes terralux roses. Celles-ci vivent collées sur les fumerolles du Bassin, se nourrissant des microbes attirés dans les poils de leur céphalothorax grâce aux minerais qu’elles collectent sur ces dernières.
Elles partagent une rivière thermale avec les flaméduses qui elles aussi apparaissent au moment de la Coulée de feu. Ces dernières volent tranquillement entre les stalactites, se nourrissant des micro-organismes flottant dans les airs.
Elles devront cependant attendre la baisse de température de l’Abondance pour avoir une chance d’avoir une audience avec la grande flaméduse. Rare femelle de l’espèce, les chasseurs chanceux pourront alors l’observer tracer un ballet aérien, un groupe de mâles la suivant dans son sillage.
Il leur faudra toutefois rester prudentes car des prédateurs guettent dans le gué de la rivière. En effet, les poissons cillants sont friands de flaméduses et peuvent être observés en train de tenter de leurrer les méduses avec la petite loupiotte sur leur tête, avec plus ou moins de succès.
La fraîcheur de l’Abondance sera aussi l’occasion d’observer des geckos nocturnes sur les murs des cavernes du Bassin. Malgré leur nom, ces petites créatures n’ont rien de nocturne, apparaissant à toute heure de la journée.
Les pétrocrabes apprécient aussi les températures plus clémentes. Ces crustacés sont caractérisés par leur carapace creuse qui leur permet de se couvrir de boue et de pétrole. Ils s’enfouissent dans la vase, exploitant alors leur couverture pour se camoufler des prédateurs. Vous les verrez plus actifs la nuit, moment où ils ont tendance à ressortir pour se nourrir des micro-organismes cachés dans la fange.
Gelidron
C’est hélas aussi le moment où sont actifs leurs plus redoutables prédateurs, les Gelidrons. Ces amphibiens prolifèrent dans les étages supérieurs du Bassin où ils fouillent la fange à la recherche des crabes. Vous les verrez parfois broyer une pauvre victime avec leur large langue et leurs mâchoires puissantes. Ils sont identifiables à leur peau épaisse et translucide, permettant même de voir leurs organes internes. Celle-ci leur permet de mieux résister aux températures intenses du Bassin. Les Gelidrons sont cependant très lents et patauds, économisant leurs forces pendant la journée en prenant régulièrement de petites siestes.
Kranodath
Ils sont par conséquent des cibles de choix pour les Kranodaths, des wyvernes rapaces opérant en meutes de 2 à 4 individus et caractérisés par des épaisses plaques osseuses sur leur crâne. Ces plaques sont ornées de pyrite, en faisant des armes mortelles quand ils passent à l’avant de leur tête pour frapper leur proie. Ils emportent leur victime sur un coin de terre proche pour la savourer, un membre de la meute guettant les environs pendant que les autres se régalent. Leurs coups de crâne sont si puissants qu’ils peuvent assommer de grands monstres comme le Rompopolo.
Rompopolo
Étrange wyverne brute solitaire, le Rompopolo est beaucoup plus fin et petit que les autres représentants de son genre, pouvant même se dissimuler dans le pétrole. Il dispose de poches de gaz le long de son corps qu’il peut gonfler pour intimider ses adversaires. Sa peau exhibe également des teintes bleues vifs, signalant sa toxicité. Il est parfaitement adapté aux marais de pétrole où il rôde. En effet, ses pieds possèdent des plaques épaisses qui lui permettent de marcher sans risque dans les flaques opaques tandis que ses pattes avant pointues lui servent de piolet quand il escalade les falaises escarpées locales. Celles-ci sont aussi des armes défensives redoutables et vous pourrez le voir marquer son territoire en les affûtant dans le sol régulièrement.
Les deux armes principales du Rompopolo sont sa langue et sa queue qui lui permettent d’exploiter le gaz de ses poches. Sa langue est longue et musclée, avec un trou au bout qui lui permet de diffuser du gaz mélangé aux toxines de son corps à des angles inattendus. La queue quant à elle présente une pointe osseuse robuste qu’il peut planter dans le sol, injectant le gaz dans le sol pour provoquer des explosions localisées. Il n’hésite parfois pas à monter sur sa queue pour en augmenter la pression et la violence des explosions. Il utilise ces atours également quand il se nourrit, déterrant des pétrocrabes dans la vase avec une explosion avant de les attraper avec son bec et sa langue. Et même s’il ne partage pas les mêmes repas, sa grande territorialité le met parfois en conflit avec l’Ajarakan.
Ajarakan
L’Ajarakan est une bête à crocs dépourvue de fourrure, possédant à la place des écailles à l’éclat métallique. Il est caractérisé par son énorme carapace dorsale à laquelle il attache des métaux fondus en la frottant sur les parois du Bassin. Très agressif, il a tendance à frapper sa carapace avec sa queue quand il veut signaler ses intentions belliqueuses. Au cours du combat, cette même carapace joue le rôle d’accumulateur thermique, emmagasinant et conservant la chaleur de son corps. Il sera même ainsi possible de parfois voir l’Ajarakan émettre de la fumée et ce même quand il dort. Poussé à bout, il a tendance à enfoncer ses pattes dans le sol pour déterrer du magma afin de pousser sa chaleur encore plus haut, frappant son dos avec sa queue pour s’enfoncer encore plus profond. Et si ça ne suffit pas, il lui arrive même de s’enfoncer et de tourner rapidement dans le sol pour accumuler encore plus chaleur avant de se lancer dans des assauts dévastateurs.
Passé son tempérament tout feu tout flamme, l’Ajarakan est, comme beaucoup de bêtes à crocs, très intelligent. On a déjà vu des Ajarakans voyager ensemble afin d’utiliser l’avantage du nombre contre leurs adversaires. Il a aussi une excellente maîtrise de son environnement, exhibée quand il exploite les tuyaux de son nid pour des attaques surprises aériennes, quand il frotte sa carapace dorsale sur le sol pour projeter des étincelles explosives ou encore quand il va puiser du magma pour pousser sa chaleur corporelle à ses limites. Cela dit, ça ne l’empêche pas d’attaquer la terrifiante Flamme noire de front.
Nu Udra
Le surnom Flamme noire a été donné par les habitants d’Azuz au céphalopode régnant sur le Bassin, le Nu Udra, à cause de sa capacité à enflammer le mucus entourant son corps. C’est un monstre plutôt mystérieux dans l’ensemble. On sait qu’il ne voit pas la lumière classique, étant insensible aux flashs et percevant le monde grâce à des senseurs luisants au bout de ses tentacules. Difficile de dire si les yeux de sa tête sont une distraction ou de vrais organes sensoriels.
Il attaque en utilisant ses huit tentacules. Les deux petits tentacules à l’avant sont agiles, permettant de lancer du mucus enflammé sur ses adversaires, tandis que les six autres bras plus puissants et couverts de pointe lui permettent de les empoigner avant de les brûler vif avec son siphon.
Dépourvu de squelette, il peut aussi contorsionner son corps massif dans de petites crevasses pour surprendre les chasseurs. Il exploite cette capacité pour se mouvoir rapidement entre les différentes strates du Bassin mais aussi pour se cacher dans de petits espaces quand il dort.
Poussé à bout, il peut projeter son mucus tout autour de lui, déchaînant une pluie de feu aux alentours. Cette substance est produite au bout de ses tentacules, celui-ci la réappliquant sur son corps de temps en temps. Il a tendance à laisser des flaques de goudron parsemés de pointes quand il fait ça. Il est aussi possible de le voir chasser des Gelidrons, avalant tout entier ses victimes en ne laissant aucune trace de leurs corps. Il ne semble toutefois pas digérer entièrement son repas, pouvant être aperçu vomissant des ossements par son siphon.
Le nid du Nu Udra est situé au plus profond du Bassin près d’un réacteur thermique. Cet endroit semble avoir été choisi pour aider à la croissance de ses œufs pendant la Coulée de feu. Vous pourrez alors observer ces grappes croître au plafond. Ses larves semblent toutefois être trop sensibles à la chaleur et vous ne les verrez éclore du coup quand les températures redescendent avec l’Abondance. C’est à ce moment là que vous pourrez admirer le ballet des Nu Yaya. Ceux-ci quitteront leur nid petit à petit, s’envolant vers les hauteurs du Bassin et jusqu’au dessus d’Azuz. Nul ne sait actuellement où ils migrent puisqu’ils disparaissent avec le Déclin.