Entre le festival namahage et l’autre prévu, celui de Yokote, j’avais 3 jours de farniente à Akita. Après avoir visité le parc local, pas spécialement ouf en hiver étonnamment, j’ai fini par profiter de ces jours pour rôder dans le quartier autour de la gare et ses centres commerciaux et surtout me reposer à l’hôtel. Et c’est justement en me promenant dans son hall que j’ai pu trouver une brochure touristique qui m’a renseigné sur les festivals de neiges locaux. En effet, la péninsule d’Oga et Yokote ne sont pas les seuls dans cette semaine !
J’ai repéré d’abord celui de Takeuchi où deux ‘armées’ de festivaliers s’affrontaient avec de grandes perches de bambous autour d’un grand feu. Ça avait l’air génial… Mais le festival est à 2h de marche de la gare, le bus arrête de circuler à 20h et le festival commence à 20h30 environ… Ce qui implique un retour à pied pour arriver à la gare à 23h minuit en hiver sur les routes japonaises qui n’ont pas toujours des trottoirs. Tenant à la vie et ne voulant pas prendre le risque d’être bloqué dans une gare de montagne, j’ai donc laissé tomber ce plan.

Mais c’est là que j’ai trouvé celui de Kakunodate le soir même. Et me voilà à me diriger vers la gare pour réserver mon ticket.
Les scènes principales
Kakunodate est surtout célèbre pour ses 80 maisons de samouraï préservées, les bukeyashiki, toutes regroupées le long d’une longue allée. Hélas, j’ai dû un peu faire une croix sur la visite vu mon horaire d’arrivée tardif et la saison.


Pour ce qui est de l’événement principal, le festival Hiburi Kamakura, son thème est le feu. Il est réparti entre une vingtaine de scènes en ville, le bureau de la gare m’ayant fourni une petite carte des différents sites. On retrouve ainsi des places principales en rouhe, qu’on m’a recommandé, et des emplacements secondaires plus modestes en brun. Je me suis donc mis en route vers un des emplacements 4 et 5, les plus au nord qui me permettait de passer par la rue des maisons de samouraïs.

J’ai pu arriver sur une petite place où se trouvaient des festivaliers avec une petite tente servant de la nourriture gratuite en attendant le début des festivités. J’ai aussi pu y découvrir encore un autre stamp rally. Celui-ci était dédié aux festivals d’hiver d’Akita qui se tenaient du 10 à 15. J’ai ainsi pu ainsi apprendre l’existence des festivals de:
- Kamihinokinai, le 10 février avec des lanternes de papier
- Kariwano no Otsunahiki, le 11 février avec une compétition de tir de corde géante
- Bonden, le 11 février avec traversée de la rivière locale
- Innuko, le 12 février en hommage aux chiens Akita (l’article en lien a des explications intéressantes sur l’histoire de la fameuse race de chien japonais)
Et le festival de Yokote ainsi que Takeuchi cités en intro faisaient également partie du rally de tampons mais je ne pouvais pas y participer. En effet, il suffisait de faire 2 festivals pour être éligible… A un tirage au sort après avoir expédié le formulaire par la poste, ce qui m’est inaccessible en tant que touriste.
Après un bon repas, c’est à 18h30 que les premiers organisateurs ont lancé l’animation. Un feu de joie est allumé que la communauté locale alimente avec leurs déchets. Il est alors possible de récupérer un petit ensemble de paille de riz tressée avec une longue corde.

Ensuite, le principe est simple: on allume le bois sur le feu puis on fait tourner le combustible au bout de la corde. L’appel d’air avive les petites flammes et on se retrouve rapidement avec une boule de feu dansant au bout des bras. Les cordes finissent par se consumer et les restes de bois incandescents viennent s’écraser dans la neige juste à côté. Historiquement, c’était un rituel de purification pour la prospérité des champs mais de nos jours, tout le monde est clairement là pour s’amuser en jouant les pyromanes amateurs.



Et j’ai même pu essayer après avoir demandé. C’est une sensation assez unique et un peu flippante. Vous commencez avec votre bois légèrement allumé et au fur et à mesure que vous le faites tournoyer, vous sentez la chaleur monter et vous voyez la flamme qui grandit à chaque passage devant vous. Autant dire qu’à ce stade mieux ne vaut pas arrêter la rotation. Ça tourne, ça tourne jusqu’à ce que le cordage casse et vous voilà libéré d’un poids.
Après avoir essayé une fois, j’ai décidé d’aller jeter un œil aux autres scènes. Et il y en avait justement 3 le long de la rivière locale. Sur ma route, festival japonais oblige, j’ai pu admirer le feu d’artifice qui a eu un peu de mal à démarrer à cause de la neige qui tombait ce jour-là. Le début avait été ainsi ponctué d’explosions sonores sans lumière, j’imagine des tests pour voir si ça valait le coup de tirer.


Du côté de la rivière, pas grand-chose à dire. Si la vision des flammes tournoyantes était toujours aussi plaisante, c’était aussi les scènes les plus populaires. En conséquence, les stocks de bois étaient quasiment épuisés à mon arrivée et je me disais que les festivités étaient finies pour ce soir, remontant vers la gare…



La scène secondaire
Ou pas vu que j’ai repéré une des scènes secondaires sur mon retour. A la base, j’y allais juste pour prendre des photos en plus pour l’article… Mais voilà qu’un Japonais me propose évidemment à manger et à boire et même de faire tourner d’autres braséros ! L’ambiance était nettement plus communautaire et sympa, on sentait ici clairement les habitants du quartier qui fêtaient entre eux et leur stock était encore plutôt généreux. Et malgré la barrière de la langue et avec un petit coup de pouce de Google Trad, j’ai réussi à assez bien me faire comprendre et à passer un excellent moment.
J’ai ainsi pu faire tourner 3 boules de feu de plus et ce qui était à l’origine un peu d’appréhension à l’idée d’avoir du feu aussi proche de moi est vite devenu de l’excitation et du pur fun. J’étais clairement déçu de devoir partir prendre mon train au final. J’ai remercié les gens et même reçu un câlin surprise de la part du Japonais qui m’avait invité, repartant pour le coup avec des souvenirs assez géniaux.
En conclusion
Clairement une des meilleures surprises de ce voyage. Je recommande clairement ce festival et surtout de tenter votre chance vers les scènes secondaires. J’imagine que celles-ci sont dépourvues de personnel parlant anglais mais l’ambiance chaleureuse et un petit peu de Google Trad peuvent vite faire des miracles. Bon par contre prévoyez la machine à laver en rentrant : vous allez sentir le jambon fumé à la fin de la soirée (sauf que c’est vous le jambon pour le coup).