Hirosaki

Hirosaki n’était absolument pas dans le planning initial mais vu que j’avais acheté le rally de tampons Hatsune Miku Hakodate X Hirosaki, que je suis un complétionniste dans mon âme de geek et qu’en prime c’était sur ma route pour Akita… Eh bien la décision a vite été prise.

Ici les tampons incluaient des pommes et un tsugaru shamisen, une variante locale du shamisen. Quant aux cartes postales, elles représentaient l’Aomori Bank Memorial Hall et des sakura, mettant en valeur les illuminations nocturnes de la ville… Que je n’ai pas pu apprécier vu que je devais prendre le train pour Akita le soir même.

Le plan était relativement simple : récupérer les 3 tampons et voir ce que sur quoi j’allais tomber sa ma route. Coup de bol, il y avait un festival des neiges local ce week-end là donc le tampon du parc d’Hirosaki serait récupéré en dernier. Donc autant commencer le premier au… Apple Park ?

  1. Mangez des pommes
  2. Le parc et le festival des neiges
  3. Le Neputa Mura
  4. Le festival de nuit
  5. En conclusion

Mangez des pommes

C’est la spécialité d’Hirosaki à laquelle je ne m’attendais pas pour le coup. En effet, Hirosaki est la capitale japonaise des pommes ! Et ce n’est pas trop loupable puisque dès la gare on peut trouver un guide des restaurants où savourer la tarte aux pommes locale.

J’ai donc entrepris une bonne heure de marche, faisant une courte halte à l’office du tourisme où se trouvait un premier tampon, ce qui m’a permis de confirmer que c’est bien Hirosaki qui a eu l’idée du rally de tampon. Ils n’en sont pas à leur coup d’essai puisque Hatsune Miku, ou plutôt sa variante Sakura Miku, est ambassadrice du hanami local, la fête de contemplation des cerisiers et ce depuis 2019. D’ailleurs en voulant trouver des infos sur le stamp rally de cet hiver sur le site officiel… Bah tout avait été remplacé par le stamp rally du hanami (et qui sait ptet que quand vous cliquerez le lien ce sera encore un autre stamp rally saisonnier).

Difficile à louper quand l’office du tourisme local est aux couleurs roses de Sakura Miku

Bon c’est aussi là que ma chance légendaire a fait des siennes puisque l’épaule de mon gros sac (que j’étais obligé de transporter avec moi pour une fois vu que je n’avais évidemment pas d’hôtel programmé ici) a choisi de péter. Habitué à ce genre d’aléa, j’ai vite fait improviser une solution avec les renforts du sac mais évidemment le sac est devenu directement moins plaisant à porter pour le reste de la journée et du voyage.

J’ai aussi pu passer sur ma route au Saisho-in, un temple plutôt beau avec une pagode à 5 étages, datant de 1667.

Reprenant ma marche, une bonne heure plus tard, j’atteignais le Apple Park, un parc entièrement dédié au fruit avec plus de 1300 pommiers de 65 variétés différentes.

Il est possible à la ‘Ringo no Ie’, la maison aux pommes et d’y acheter des souvenirs et surtout de savourer des mets à base de pomme. Mon repas a donc constitué d’une pomme Sun Fuji en tranches, d’une escalope de porc aux pommes et en dessert, une tarte aux pommes avec de la glace… Goût pomme oui. La seule exception en accompagnement de l’escalope était un igamenchi, une spécialité locale consistant en une galette frite au calamar et aux légumes. Comme la ville est loin de la mer, on rentabilise le calamar à fond qui se retrouve donc mixé dans ce met unique à la région.

Le parc et le festival des neiges

Après ces aventures culinaires, j’ai décidé de me diriger vers mon troisième tampon au parc de la ville. Sur ma route, je suis passé par une grande rue bordée par que des temples zen, la Zenringai. Apparemment en 1610, le seigneur local, Nobuhira Tsugaru, avait décidé de repousser les mauvais esprits en regroupant 33 temples de la région sur cette rue. Une découverte au pur hasard plutôt jolie mais tous les temples étaient fermés.

En finissant de remonter la rue, j’atteignais enfin le parc de la ville et j’obtenais fièrement mon troisième tampon… Ce qui m’a fait recevoir les cartes postales propres à Hirosaki que vous pouviez voir en début d’article (je préférais celles d’Hakodate mais eh).

Et un rally complet, un!

Après cette petite célébration, j’ai donc fait un tour du parc. Celui-ci est plutôt grand et pour le festival, il est jalonné un peu partout de lanternes en neige avec des petites icônes incluses dedans. J’ai trouvé ça moins impressionnant que Sapporo évidemment et en prime, le dégel commençait. En effet, on était passé de -2 à 5° en une journée et ça se sentait sur certaines sculptures. Le parc comprend également le château de la ville.

La curiosité a fini par me piquer cela dit sur ces petites icônes que je voyais partout. En effet, ces motifs se retrouvaient dans des lanternes géantes en papier que j’avais vu à la gare d’Aomori sur ma route et dans le hall de l’office de tourisme. Ce sont en fait des neputa et c’est pour ça qu’en attendant le coucher du soleil pour pleinement profiter du festival, j’ai choisi de faire une halte au Neputa Mura, le village des neputa situé juste à côté du parc !

Le Neputa Mura

Le Neputa Mura a clairement été une excellente surprise. Après avoir payé l’entrée à 600y, ce qui est plutôt pas cher, j’ai immédiatement pu assister à un concert de tsugaru shamisen. Développé à Tsugaru, une péninsule de la préfecture d’Aomori, par les bosama, des voyageurs aveugles (selon les seuls textes d’époque qui seraient peu fiables cela dit), ce style de shamisen est caractérisé par son corps plus large et ses cordes plus dures. Ces particularités permettent au musicien de jouer des chansons aux tempos plus rapides que les chansons traditionnelles mais aussi de claquer le plectre sur le corps de l’instrument, créant un son assez unique.

Si vous voulez apprécier des morceaux de shamisen plutôt modernes, je ne peux que trop vous recommander la chaîne de Shamio sur Youtube. Il joue au shamisen des musiques modernes, des openings de manga populaires et des musiques de jeu vidéo dont Monster Hunter. C’est certes pas du tsuruga shamisen mais j’adore perso donc petite pub gratuite (et une excellente raison de perdre 30min dans la rédaction de cet article à se faire plaisir aux oreilles).

Thème de l’Espinas de Monster Hunter
Zankyosanka, le second OP de Demon Slayer, par Aimer
Usseewa de l’excellente chanteuse Ado
Thème de combat de Final Fantasy VII

Cette représentation est tenue dans un hall orné par de gigantesques neputa et un personnel est rapidement venu me donner une présentation en anglais sur le sujet (bon il lisait son texte avec un accent à couper à la hache mais aucun autre musée n’avait fait cet effort). Les neputa sont en fait de grands chars lanternes qui sont tirés à travers la ville d’Hirosaki lors d’un festival se produisant du 1er au 7 août. Le neputa principal de l’évènement fait 6m de haut et représente sur une facade un guerrier et sur l’autre une femme séduisante. D’autres lanternes plus modestes sont promenées à travers la ville, un des motifs les plus populaires parmi les enfants étant le tsugaru nishiki, un poisson rouge local dépourvu de nageoire dorsale. Il était même possible d’essayer de jouer le rythme de tambour joué pendant le festival sur les taiko en arrière de la scène.

Après ce grand hall de contemplation, on passe par un musée expliquant les origines du festival et son déroulement, ainsi que ses variantes au sein de la préfecture d’Aomori. Ce musée se poursuit dans une petite exposition sur le tsugaru shamisen ainsi qu’un village des artisans où il est possible de les voir créer leurs produits puis de les acheter. On y trouve même des neputa en forme d’amabie, un yokai sensé protéger des maladies et du coup du Covid.

Et si tout ceci ne suffisait pas, il y a même un petit jardin zen derrière. Pour seulement 600y, pour moi ça valait largement le coup et je ne peux que chaudement vous recommander d’y faire un passage.

Le festival de nuit

Après ça le soleil était tombé et j’ai donc pu revenir admirer le festival de nuit. L’ambiance est directement différente par rapport à la journée et c’était très cool à visiter pour le coup. J’ai particulièrement aimé le couloir de neputa (même si ce dernier n’était pas fait de neige pour le coup).

Une petite zone un peu éloignée avait aussi un regroupement de kamakura, des petits igloos avec une bougie à l’intérieur. Somme toute un preview du festival des neiges de Yokote où je devais aller dans les jours qui suivent dont les kamakura seraient le thème principal.

En conclusion

Excellente surprise, ce sont les 2 mots qui collent le mieux à cette étape. Tout d’abord, le stamp rally a été un succès total, plié dès 14-15h. Si le parc aux pommes aurait été plus sympa en une autre saison, j’ai pu malgré tout y faire le truc le plus important… Bah manger des pommes et elles étaient excellentes. Et en plus j’ai admiré moult temples sur le trajet aller comme retour.

Le festival des neiges était plus modeste mais il n’était absolument pas dans mon programme et relevait de la coïncidence géniale et comme expliqué avant, le Neputa Mura était peu cher et ultra complet. Et les illuminations nocturnes étaient superbes (même si je confesse avoir manqué de renseignements pendant ma visite et avoir un peu rushé la soirée vu que le caractère imprévu de cette visite qui m’a obligé à me trimballer mon gros sac à dos toute la journée, drainant mes forces).

Et c’est éreinté, mais des étoiles plein les yeux que j’ai pu retourner à la gare pour atteindre mon hôtel à Akita où j’allais désormais rester quasiment une semaine pour profiter de différents festivaux locaux et prendre un petit break au milieu du roadtrip, cette ville ayant été assez peu intéressante elle-même (une ville moderne quoi, un genre de Tokyo miniature).

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