Toyako Onsen

Mon intérêt pour le lac Toya est né en lisant… Gintama, un shonen comique. Dans ce manga uchronique où les Américains arrivés à la restauration Meiji ont été remplacés par des extraterrestres, le protagoniste Gintoki utilise un sabre en bois avec une inscription ‘Souvenir du lac Toya’ sur la poignée. Et vu que c’était sur ma route, je me suis dit pourquoi ne pas faire une halte ? Au final, j’ai découvert une région au passé géologique incroyablement riche et en constante évolution.

  1. L’histoire du lac Toya
  2. La Showa-shinzan et le mont Usu
  3. Nuits hivernales
  4. Demi-échec à Nishiyama
  5. Un souvenir du lac Toya
  6. Les onsens de Toyako
  7. En conclusion

L’histoire du lac Toya

Le lac Toya est une zone volcanique particulièrement active. Il y a 110 000 ans, un volcan local explose, créant une gigantesque caldeira que les eaux de pluie viennent remplir, formant un lac suffisamment profond pour qu’il ne gèle pas en hiver. En son centre, une nouvelle éruption survient il y a 50 000 ans, formant les îles Nakajima. Et les éruptions se succèdent, formant à proximité le mont Usu il y a 20 000 ans. Après quoi toute cette jolie poudrière souterraine se calme…

Jusqu’en 1663 où la région redevient active avec 9 éruptions au compteur dont pas moins de 4 au cours du siècle dernier ! Le mont Usu est ainsi entré en éruption en 1910, 1943, 1977 et enfin 2001 ! Et malgré la proximité des populations humaines, ces éruptions n’ont coûté aucune vie grâce à un travail de surveillance et de prévention massif, permettant d’évacuer les zones à risques rapidement.

Une des particularités notables du mont Usu, c’est que c’est un volcan gris : ses laves sont trop visqueuses pour former des coulées et par conséquent la pression s’accumule sous terre, créant de grands dômes magmatiques et de nouvelles montagnes qui finissent pas exploser en créant de gigantesques colonnes de pierres et de cendres, culminant jusqu’à 12km dans le ciel ! Chacune de ces éruptions a donc marqué le paysage et ce sont ces évolutions que j’ai pu admirer pendant mon petit séjour.

La Showa-shinzan et le mont Usu

Situé sur les pentes de la montagne, j’ai d’abord pu passer par le mémorial de l’éruption de 1976. C’est un ancien hôpital à l’abandon. Le bâtiment a été laissé là après que le magma souterrain ait coulé jusque sous ses fondations. Après comme expliqué avant, la pression s’accumule sous terre et le sol se déforme, défonçant le côté gauche de l’hôpital un peu plus chaque année.

Bon par contre, c’était encore un coin pas très accessible en hiver comme vous pouvez le voir à l’épaisse neige devant la barrière.

J’ai ensuite poursuivi ma route jusqu’à la Showa Shinzan, littéralement la ‘nouvelle montagne de l’ère Showa’. Et cette montagne est un gros bébé puisqu’elle n’a même pas un siècle ! Lors de l’éruption de 1943, un dôme magmatique s’est formé au milieu d’un champ de blé. A l’époque, en pleine seconde guerre mondiale, le gouvernement japonais a choisi d’ignorer ce phénomène impressionnant et c’est le postier local, Masao Mimatsu, formé par les vulcanologues lors de l’éruption de 1910, qui a suivi la croissance et fait un relevé de l’évolution de la montagne. Elle a grandi pendant 2 ans et les relevés de Mimatsu, appelé ‘Diagramme Mimatsu’, ont été reconnus par les scientifiques du monde entier, ayant permis de grandes avancées dans la compréhension des volcans. Mimatsu a même acheté le terrain sur lequel se trouvait le volcan pour le préserver en 1946 et de nos jours, une statue l’honorant se trouve au pied de la montagne.

De là, j’ai aussi pu prendre le téléphérique pour le sommet du mont Usu. Le prix du ticket est un peu cher à 1800y mais la vue au sommet sur le lac et la Showa-shinzan est assez superbe. A noter que le lac était entièrement visible jusqu’à l’éruption de 1977 qui a relevé la montagne, obstruant la vue. Il y a également un petit musée sur le volcan avec une projection d’un documentaire sur ses éruptions et les gens qui l’ont étudié au cours du siècle dernier, ainsi qu’un sentier de randonnée (fermé en hiver, sans surprise à ce stade). A noter que si vous voulez faire la randonnée, il est préférable de partir tôt. Celle-ci prend 2h environ aller-retour et le dernier téléphérique descend à 17h45 (16h en hiver quand j’y étais).

Nuits hivernales

Le lac Toya a des animations tout au long de l’année et l’hiver ne fait du coup exception. Au centre de la ville, il est possible de passer à travers un tunnel d’illuminations jusqu’à fin mars. C’est joli et gratuit mais personnellement j’ai plus vécu ça comme une déco de Noël glorifiée.

L’autre attraction hivernale sympathique, c’est un feu d’artifice tiré tous les soirs entre le 3 et le 12 février. Le feu d’artifice est en musique et dure à peu près 5 minutes, ce qui m’a fait une petite sortie nocturne sympa à apprécier. A noter qu’il est tiré littéralement au bord du lac, soit à même pas 50m de la foule, autant dire que ça débouche bien les oreilles.

Demi-échec à Nishiyama

La zone de Nishiyama, située à 30 minutes de marche de la ville, comporte des sentiers de randonnée passant à travers les ruines conservées de l’éruption de 2001. Des sentiers certainement magnifiques mais pas en hiver comme me l’a gentiment indiqué un joli portail en métal et deux grosses buttes de neige. Ça devient un peu un running gag à ce stade les randos foirées à cause de l’hiver.

Ouais, c’est mort de chez mort

Tant qu’à être là, j’ai fait un tour des environs et j’ai fini par monter à l’observatoire des cratères de Nishiyama qui est payant, à hauteur de 1000y. Cependant en cette période hivernale, ils ne devaient pas prévoir que des gens viendraient et il n’y avait littéralement personne pour encaisser. J’ai donc pu prendre ces photos du lac et du cratère Tama-chan, né en 2000.

On peut aussi voir les barrages anti-éruptions sur le flanc de la montagne. Il en existe 3 types, arrêtant progressivement différents types de débris, des gros rocs à la boue.

Un souvenir du lac Toya

Hey Tama, c’est un personnage de Gintama ! Vu que je n’avais plus grand-chose à faire dans la région, je me suis rappelé qu’il fallait que je me trouve mon souvenir et je suis donc allé à Toyako Echigoya, la boutique qui vend justement des sabres en bois. En pratique, on sent que c’est une boutique qui sait que sa clientèle achète des mangas, vendant majoritairement des produits anime/manga.

Elle a évidemment sa section dédiée à Gintama avec la pétrolette du protagoniste et où il est même possible d’acheter le sabre du protagoniste… Ce que je me suis abstenu de faire parce que j’ai pas l’espace pour trimballer un sabre en bois pendant les 30 prochains jours. A la place, j’ai pris une miniature.  

Les onsens de Toyako

Et pour finir, la ville s’appelle Toyako Onsen et ceux grâce aux sources découvertes après l’éruption de 1910 ! Il existe 2 ashiyu dans la ville mais le plus sympa est clairement celui situé face au lac nommé Toron Ashiyu.

Sérieux un bon ashiyu… C’est le pied (rigolez svp)

J’ai ensuite pu faire un petit tour dans les différents hôtels de la ville en demandant ‘ofuro wa ikura desu ka’. Les prix sont plutôt faibles, allant de 500 à 700y. J’ai donc pris un bain à l’hôtel Hanabi. J’ai ensuite tenté ma chance avant les feux d’artifice à l’Hotel Grand Toya mais ce dernier fermait son bain à 21h (avec les feux d’artifice à 20h30). Du coup, je suis revenu le lendemain pour prendre le créneau du matin avant de prendre le bus vers ma prochaine étape !

La vue depuis le bain l’hôtel Hanabi est plutôt cool

En conclusion

Si vous êtes ou avez été comme moi dans ma jeunesse un nerd de vulcanologie, la région du lac Toyako est géniale. Vous pouvez y observer des paysages en constante évolution et voir les traces que ces éruptions ont laissé, avec de multiples ruines à admirer. Mais ne venez pas en hiver comme moi.

Pour le coup, je pense que ça vaut le coup de faire une halte d’une soirée sur place pour pouvoir tranquillement faire la Showa-shinzan et les différents sentiers de randonnée autour des volcans de la région.

En dehors de tout ce dont j’ai parlé, il y avait aussi la possibilité de faire une croisière vers les îles Nishiyama au centre du lac pour 1500y. Cependant il n’y a sur place qu’un écomusée et des sentiers de randonnée (et vu que tous ceux que j’ai tenté pour le moment étaient condamnés en hiver, je n’allais pas prendre le risque). Il y avait aussi le centre des visiteurs par lequel je suis passé, vous donnant un aperçu de la richesse de la région. Ce même bâtiment présentait un musée des sciences des volcans pour 600y mais j’ai préféré m’abstenir, ayant déjà été très bien documenté à la Showa-shinzan. Il y avait aussi à côté un parc où il était possible de voir des restes de l’éruption de 2000 je crois mais une fois de plus, fermé en hiver.

Un établissement de bains à l’abandon dans le parc

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