Noboribetsu Onsen

Je suis arrivé à Noboribetsu Onsen en début d’après-midi après avoir retiré mon JR Pass à la gare de Sapporo, un pass de train réservé aux touristes. Il faut commander le pass en avance par un service tiers comme Japan Experience, ce dernier vous étant envoyé ensuite par la Poste. Pour 420€ dans mon cas, j’ai 3 semaines de train gratuits (il existe en format 1, 2 ou 3 semaines). Si ça n’empêche pas des frais de bus (comme ceux ici entre Noboribetsu et Noboribetsu Onsen), c’est affreusement rentable quand vous faites un grand voyage. Faites juste attention si vous faites un roadtrip comme moi car il ne peut être retiré que dans certaines gares.

EDIT: juste après mon voyage a été annoncé une surtarification des JR Pass à l’avenir et assez massive (+ de 65% du prix de base). Sur un roadtrip comme le mien, ça reste rentable mais ça perd beaucoup de son intérêt dans le format une semaine que j’ai déjà pu utiliser pour Tokyo-Kyoto par le passé. Par contre désormais il sera possible de prendre les trains Nozomi et Sakura, les ultra express qui étaient interdits avec le JR Pass à l’ancienne.

Il y en a 2 ici mais le nouveau JR Pass post-Covid est juste un ticket à passer à la borne, contrairement à avant où il fallait montrer son passeport à chaque fois.

L’autre avantage du JR Pass, c’est qu’il vous permet aussi de prendre des places réservées sur les trains où c’est possible pour être bien installé! Vous avez juste à demander à un guichet tout simplement même 10 minutes avant le départ.

Et on est direct plus confortable

Du coup une fois mon pass récupéré, j’ai immédiatement pu demander une place réservée dans le train et j’ai eu une heure de trajet bien installé. Puis j’ai pu aligner 300y de ticket de bus pour arriver tranquillement à Noboribetsu Onsen. A noter qu’à côté de la gare de Noboribetsu (tout court), outre le oni qui nous accueille, se trouve un aquarium local. Je ne l’ai découvert qu’en quittant la région mais ça peut être une visite sympa avant de se diriger vers Noboribetsu Onsen.

  1. Noboribetsu Onsen elle-même
  2. La Jigokudani et le bain de pieds Oyunuma
  3. Le parc à ours
  4. Rencontre avec le juge des âmes et bains
  5. En conclusion

Noboribetsu Onsen elle-même

La ville elle­-même de Noboribetsu Onsen est particulièrement petite. Elle est nichée entre les montagnes et est majoritairement composée de grands complexes hôteliers et de quelques boutiques souvenir. Elle a cependant un thème principal, sa vallée des enfers. En effet, à l’arrière de la ville se trouve une grande zone volcanique désolée où il est possible de voir un paysage rocailleux parfumé aux vapeurs de soufre. C’est d’ailleurs l’eau de cette vallée qui descend dans les égouts de la ville, laissant légèrement traîner l’odeur d’œuf pourri du sulfure d’hydrogène dans les rues.

Mon premier arrêt a été le parc Sengen. Situé au centre de la ville, il est composé d’une petite place où se dressent 9 kanabō, les armes traditionnelles des onis, les démons japonais. Il est possible de prier devant chacun d’entre eux pour recevoir différentes bénédictions. Le marron par exemple vous garantit le succès dans vos études tandis que le vert vous promet la sécurité financière. L’autre attraction notable de la place est ni plus ni moins qu’un geyser. Toutes les 3h environ, il explose, projetant de l’eau jusqu’à 8 mètres de haut pendant pas moins de 50 minutes, ce qui génère une quantité assez impressionnante de vapeurs et plonge la place dans le brouillard (et la bonne odeur d’œuf pourri par extension).

La Jigokudani et le bain de pieds Oyunuma

Par la suite, je suis donc allé voir l’attraction principale, la vallée de l’enfer elle-même. C’est donc une grande zone dans le parc national de Shikotsu-Toya. Je m’y suis pris à apprécier l’ambiance infernale générée par le paysage rocailleux aux couleurs jaunes et verdâtres et les volutes de vapeur. La végétation aussi est assez unique puisque les sols acides et les gaz toxiques limitent ce qui peut pousser dans les environs.

Mon étape suivante était l’étang Oyunuma. Situé dans les montagnes un peu en arrière, il y a 3 sentiers pour y accéder. Et j’ai été ravi de constater que, comme pour la plupart des randonnées pour le moment, évidemment, ces 3 sentiers étaient tous condamnés pour l’hiver. Celui qui allait le plus loin était le sentier au nord menant au bain de pieds de la rivière du même nom. C’est un ashiyu naturel avec juste des petits bancs pour enlever ses chaussures et s’asseoir pour profiter de l’eau chaude de la rivière. Je n’ai pas été un grand fan vu que c’est 100% naturel : vous marchez sur le fond de vase noire au fond de la rivière en découvrant par moment une pierre cachée par la couleur trouble de l’eau (comprendre vous la découvrez avec vos orteils).

Le soleil se couchant, j’ai pu rejoindre mon hôtel. Et je dois pointer le fait que les hôtels locaux sont affreusement chers. Alors soyons clairs, l’expérience était géniale, grande chambre d’auberge traditionnelle, bain de onsen, repas du soir inclus avec menu préparé par un chef… Mais une nuit à Noboribetsu Onsen, ça chiffre dans les 100€ minimum. Je reviendrais sur ce point en conclusion.

Tema la chambre quoi!

Le parc à ours

Le lendemain matin, j’ai constaté que j’avais environ tout visité dans les environs. Ne me restait que le parc à ours. Je suis donc allé faire le parc à ours local. Après avoir payé 2600y (18€, la vache), j’ai pu prendre un téléphérique qui m’a mené au sommet d’une des montagnes environnantes. Le parc est composé de 3 espaces. A l’est, il est possible de visiter une reconstitution de village ainu avec un petit musée contenant différents objets ainu (sans hélas que quoi que ce soit ne détaille à quoi servaient ces objets). Après ça reste plus instructif que tout ce que j’ai pu voir à Akanko Onsen donc tant mieux.

Au centre, il y avait un musée sur les ours japonais, à savoir l’ours brun de Sibérie à Hokkaido et l’ours noir sur le reste de l’archipel. A noter que rien n’est traduit en anglais, la seule façon d’apprécier étant donc de lire les pancartes avec Google Trad. Le musée présentait également un observatoire sur les environs avec notamment une vue sur le lac Kuttara, un gigantesque lac de caldeira quasiment sphérique.

Pour finir à l’ouest, c’était évidemment l’attraction principale, les ours eux-même. A 10h30 se tenait un petit jeu où 3 groupes de l’audience devaient cacher sur une scène avec différents objets et cachettes des friandises pour l’ours. Une fois tout le monde évacué, l’ours est arrivé et s’est empressé de trouver son repas avec son flair, fouillant les différentes planques et escaladant les piliers. C’était assez adorable et on aurait presque tendance à oublier qu’on parle d’un animal qui te dévisse la tête d’un coup de patte.

A côté se trouvaient 2 enclos à ours où il était possible de payer 100y pour acheter des friandises à leur jeter. L’un des enclos avait une ‘cage humaine’, un petit tunnel qui menait vers une baie transparente au milieu de la cage où il était possible de nourrir les ours au plus près. Dans l’ensemble le parc m’a occupé 2 heures mais j’ai trouvé ça trop cher pour ce que c’était.

Rencontre avec le juge des âmes et bains

En retraversant la ville, j’ai pu faire une halte auprès de la statue d’Enma, roi des enfers dans la religion bouddhiste. Et ce n’est pas juste une statue puisqu’il s’agit en fait d’un karakuri géant, une poupée automate traditionnelle japonaise. A horaire fixe, Enma s’anime donc sur une musique cérémoniale, revêt un masque démoniaque et se lance dans un discours avec sa lourde voix.

J’ai aussi pu essayer juste à côté la spécialité de Noboribetsu Onsen, les Enma yakisoba, des nouilles avec une sauce spéciale locale.

Pour finir mon séjour à Noboribetsu Onsen, j’ai fait ce qu’on fait dans une ville de onsen. Je suis donc allé cette fois à l’hôtel Dai-ichi Takimotokan, le plus grand hôtel de la vallée (somme toute ce que je n’avais pas osé faire à Akanko Onsen). Il m’en a coûté 2200y, ce qui est très cher pour un bain… Mais il faut reconnaître qu’à ce prix on ne se moque pas de vous. En effet, l’établissement comprenait pas moins de 5 types de sources chaudes à essayer avec une baie vitrée offrant une vue sur la vallée de l’enfer. Ajoutez à ça des bains extérieurs, un sauna sec, un sauna humide et même une piscine (seulement si vous avec un maillot, ce qui n’était pas mon cas) et je trouve personnellement que ça valait le coup.

J’ai retrouvé la carte des lieux sur le site de l’hôtel

En conclusion

Pour la conclusion, j’ai beaucoup aimé Noboribetsu Onsen mais j’y ai clairement passé trop de temps puisqu’il n’y a en pratique pas énormément de choses à faire. Ma recommandation serait d’abord d’y aller en toute saison sauf l’hiver pour pouvoir faire l’étang Oyunuma.

Ensuite, la ville est à une heure de train de Sapporo, vous avez juste à prendre le train de bonne heure puis le matin visiter la ville, la vallée et l’étang. Une fois ce petit tour fait, arrêtez-vous près du karakuri d’Enma pour apprécier son spectacle et manger la spécialité locale à côté avant de vous diriger l’après-midi vers un hôtel pour prendre un bon bain de onsen (je vous recommande malgré son prix le Dai-ichi Takimotokan tant c’était génial).

Vous pouvez oublier je pense le parc à ours à moins de vouloir vraiment voir le lac Kuttara proche, j’ai trouvé ça vraiment trop cher personnellement. Après il reste possible de faire tout ce programme et le parc à ours dans la même journée, vous aurez juste moins de temps pour faire trempette. Et au final le soir, il vous suffit de prendre le train pour retourner à Sapporo ou vous diriger vers votre prochaine destination (ce qui vous évite un hôtel très cher).

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